Depuis le 1er janvier 2026, la liste européenne des plantes exotiques envahissantes s’est encore allongée : huit nouvelles espèces y ont été ajoutées, portant le total à 114 plantes interdites de culture, de vente et de transport dans toute l’Union européenne. Un changement qui concerne directement les jardins de l’Aube, où plusieurs de ces plantes poussent déjà le long des berges et dans les haies.
La mise à jour, adoptée par la Commission européenne le 17 juillet 2025 et entrée en application complète au 1er janvier 2026, cible notamment les trois renouées asiatiques (Renouée du Japon, de Bohême et de Sakhaline), le mûrier à papier et le mimosa vert. Des espèces que beaucoup de propriétaires considèrent comme de simples « mauvaises herbes » envahissantes, sans savoir qu’elles sont désormais strictement encadrées par la loi.
Le règlement européen sur les espèces exotiques envahissantes préoccupantes interdit, pour chaque plante inscrite sur la liste, la vente, la détention, la mise en culture, le transport et l’introduction dans la nature de spécimens vivants. Concrètement, un jardinier qui bouturerait volontairement une renouée asiatique pour la donner à un voisin, ou une jardinerie qui continuerait à en vendre, serait désormais en infraction.
Dans l’Aube, la question est loin d’être théorique : les renouées asiatiques colonisent depuis des années les bords de Seine et d’Aube, un sujet déjà documenté localement par le projet de maison de l’environnement dédiée à la biodiversité locale.
Le règlement européen sur les espèces exotiques envahissantes préoccupantes fait l’objet de mises à jour régulières, fondées sur l’évaluation scientifique du risque que chaque espèce représente pour les écosystèmes locaux. Cette actualisation s’inscrit dans un mouvement plus large de surveillance de la biodiversité, déjà évoqué dans le récent rapport européen sur les habitats et les espèces, qui pointait un recul préoccupant de nombreux milieux naturels en France.
Les plantes exotiques envahissantes posent un problème similaire à celui d’autres espèces déjà bien connues des jardiniers aubois, comme le frelon asiatique : une fois installées, elles concurrencent les espèces locales et deviennent très coûteuses à éliminer.
Pas de panique pour autant : la loi ne prévoit aucune obligation d’arrachage immédiat pour les particuliers qui découvrent une de ces plantes déjà installée dans leur jardin. L’enjeu principal porte sur la non-propagation : ne pas bouturer, ne pas transporter de terre contaminée vers un autre terrain, et ne pas composter les fragments de racine, qui peuvent repartir facilement.
Non, la réglementation n’impose pas d’arrachage obligatoire aux particuliers pour les plantes déjà installées. L’interdiction porte sur la vente, la mise en culture volontaire, le transport et la diffusion de nouveaux spécimens.
Parmi les espèces récemment ajoutées figurent les trois renouées asiatiques, le mûrier à papier et le mimosa vert, qui rejoignent une liste européenne de 114 plantes au total.
La diffusion volontaire ou commerciale d’une plante exotique envahissante listée peut être punie jusqu’à 150 000 € d’amende et trois ans d'emprisonnement.
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