Les ventes de logements neufs en France viennent de connaître leur pire trimestre jamais enregistré, selon les chiffres publiés début septembre par la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI). Un choc qui dépasse le simple marché de l’habitat : ce sont d’abord les entreprises du secteur, promoteurs et sociétés du bâtiment, qui encaissent le coup, avec des conséquences directes sur l'emploi et l’investissement.
Sur le deuxième trimestre 2026, seuls 19 356 logements neufs ont été réservés en France, contre 25 333 un an plus tôt, soit une chute de 23,6 %. Le niveau est désormais inférieur à celui du deuxième trimestre 2020, en plein confinement strict, où 28 186 réservations avaient tout de même été enregistrées. Sur l’ensemble du premier semestre 2026, le recul atteint 18,3 % par rapport à 2025, et le nombre de réservations est passé pour la première fois sous la barre des 40 000 logements.
Pour les dirigeants d’entreprises de promotion immobilière, la rentrée s’annonce donc particulièrement rude. La hausse récente des taux de crédit pèse sur la solvabilité des ménages, tandis que les investisseurs institutionnels, autrefois piliers du marché, se retirent progressivement des opérations.
Ce dernier point se vérifie aussi du côté des autorisations de construire : sur les douze mois à fin juin 2026, environ 376 000 logements ont été autorisés en France, un volume encore 8 % inférieur à la moyenne des cinq dernières années. Une crise du bâtiment qui touche aussi bien les grands groupes nationaux que les artisans locaux.
Pour les entreprises du secteur, la baisse durable des réservations se traduit concrètement par des reports de programmes, des révisions de plans de trésorerie et, dans certains cas, des gels d'embauche. Les fédérations professionnelles alertent depuis plusieurs mois sur le risque de défaillances en cascade chez les promoteurs les plus exposés au marché du bloc, désormais quasiment réduit aux seuls bailleurs sociaux. Le sujet dépasse largement l’immobilier : il concerne l’ensemble de la chaîne économique liée à la construction, du bureau d’études à l’artisan du second œuvre.
Localement, la tendance nationale se retrouve dans les difficultés déjà pointées par plusieurs acteurs aubois du marché du logement neuf, où l’offre peine à trouver preneur malgré des réservations en recul constant depuis plusieurs trimestres.
La conjonction de taux de crédit plus élevés, de coûts de construction toujours importants et du retrait des investisseurs institutionnels explique l’essentiel de la baisse observée depuis plusieurs trimestres.
Les promoteurs immobiliers dont l’activité dépendait des ventes en bloc à des investisseurs institutionnels sont les plus fragilisés, tout comme les entreprises du bâtiment qui dépendent des mises en chantier de logements neufs.
Les autorisations de construire restent, à fin juin 2026, environ 8 % en dessous de la moyenne des cinq dernières années. Une amélioration dépendra en grande partie de l’évolution des taux de crédit et du retour d’acheteurs ou d’investisseurs sur le marché.
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