Panoramax : la France se dote d’une alternative libre à Google Street View

Se repérer dans une rue, vérifier l’état d’un trottoir ou suivre l’évolution d’un chantier sans dépendre d’un géant américain : c’est la promesse de Panoramax, la plateforme française de photographies de rue qui s’impose peu à peu comme l’alternative libre à Google Street View. Portée par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) et l’association OpenStreetMap France, elle change la manière dont les cartes numériques sont produites et partagées.

Une cartographie construite par tous, pour tous

Lancé en 2022, Panoramax repose sur un principe simple : chacun peut photographier une rue, une façade ou un sentier depuis l’espace public et verser ces clichés dans une base commune, librement réutilisable. Contrairement aux voitures spécialisées de Google, qui repassent seulement tous les quelques années, ce sont des contributeurs bénévoles, des collectivités et des entreprises qui alimentent en continu la base de données. Résultat : plus de 100 millions de photos sont déjà disponibles, versées par plus de 2 100 contributeurs répartis sur une douzaine d’instances à travers le monde.

Intégré au nouveau service public de cartographie

Depuis juin 2026, Panoramax est directement accessible depuis cartes.gouv.fr, le nouveau portail public de cartographie de l’IGN, appelé à remplacer progressivement le Géoportail historique, dont la fermeture est prévue en septembre 2026. Un bouton « Contribuer » permet à n’importe quel internaute de verser ses propres photos de rue, à condition qu’elles aient été prises depuis un lieu accessible au public.

Le projet s’inscrit dans une logique de souveraineté numérique plus large, portée notamment par le succès des solutions publiques françaises. Un enjeu que d’autres réussites tricolores illustrent, comme les récentes sorties spatiales de l’astronaute française Sophie Adenot, preuve que la France mise sur ses propres capacités technologiques plutôt que de dépendre systématiquement d’acteurs étrangers.

Des usages très concrets pour les collectivités

Au-delà de la simple curiosité, les données de Panoramax sont exploitées par des collectivités locales et des entreprises spécialisées dans la géodonnée pour :

  • mettre à jour l’état des infrastructures routières et des trottoirs ;
  • recenser le patrimoine arboré en zone urbaine ;
  • cartographier les pistes cyclables et leur continuité ;
  • vérifier l’exactitude des adresses et de la signalétique de rue.

Une utilité qui dépasse largement le seul confort de navigation apporté par les applications de cartes utilisées quotidiennement par les automobilistes, notamment pour optimiser leurs trajets.

Une architecture ouverte, pensée pour durer

Techniquement, Panoramax fonctionne sous licence libre et selon une architecture fédérée : chaque organisation peut héberger sa propre instance tout en restant interopérable avec les autres. Cette approche a déjà séduit au-delà des frontières françaises, avec des instances déployées à Taïwan ou au Pays de Galles. Elle s’inscrit dans une tendance plus large de réappropriation des outils numériques du quotidien, portée aussi par les initiatives de sobriété numérique observées chez de nombreux Aubois, qui cherchent à mieux maîtriser leurs usages du numérique.

Pour les curieux qui veulent aller plus loin, la rubrique Astuces – Conseils du site propose régulièrement des pistes pour mieux utiliser les outils numériques du quotidien.

Questions fréquentes

Panoramax est-il gratuit et accessible à tous ?

Oui. La consultation des photos est libre et gratuite depuis cartes.gouv.fr, et n’importe quel internaute peut contribuer en versant ses propres images prises depuis l’espace public.

Panoramax peut-il vraiment remplacer Google Street View ?

La couverture reste hétérogène selon les territoires, mais la base progresse rapidement grâce aux contributions citoyennes et institutionnelles, avec déjà plus de 100 millions de photos en ligne.

Qui peut utiliser les données de Panoramax ?

Elles sont ouvertes à tous : particuliers, collectivités, chercheurs ou entreprises, qui les exploitent notamment pour la gestion de la voirie, des pistes cyclables ou du patrimoine urbain.

Sources

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Maxime

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