Une équipe internationale de chercheurs vient de dévoiler, dans la revue Nature, l’ampleur d’une civilisation amazonienne disparue restée invisible pendant des siècles sous la canopée. Grâce à la technologie LIDAR aéroporté, un laser capable de « voir » à travers la végétation depuis un avion, les scientifiques ont cartographié près de 4 500 km² de forêt dans l’État brésilien d’Acre. Résultat : 432 structures géométriques ont été recensées, dont 396 totalement inconnues jusqu’ici.
Cette découverte, relayée par plusieurs médias scientifiques français et internationaux début août 2026, rebat les cartes de l’histoire précolombienne de l’Amazonie. Loin de l’image d’une forêt vierge inhabitée, la région aurait abrité une société organisée, aujourd’hui baptisée civilisation Aquiry, capable de bâtir des monuments à grande échelle bien avant l’arrivée des Européens.
Des enceintes géométriques par centaines
Les vestiges repérés par le LIDAR prennent la forme d’enceintes fossoyées, de talus et de complexes cérémoniels, dessinant des figures circulaires, carrées ou multilatérales. Certains fossés atteignent 13 mètres de large pour plus de 5 mètres de profondeur, bordés de levées de terre imposantes. Ces sites, datés d’environ 600 avant J.-C. à 850 après J.-C., auraient servi de centres cérémoniels, politiques et sociaux à une population dense.
- 432 structures recensées au total sur les zones survolées, dont 396 inédites
- Des fossés géants pouvant dépasser 13 mètres de large
- Une civilisation active entre 600 av. J.-C. et 850 apr. J.-C.
- Une aire d’influence réévaluée à environ 183 000 km², soit trois fois plus que les précédentes estimations
Jusqu’à trois millions d’habitants
Les chercheurs estiment que cette société aurait pu compter jusqu’à trois millions d’habitants à son apogée, un chiffre qui bouleverse la vision traditionnelle d’une Amazonie faiblement peuplée avant la colonisation. En extrapolant les données collectées sur les couloirs survolés, l’équipe avance qu’il pourrait exister encore entre 20 000 et 30 000 structures similaires disséminées dans le sud-ouest amazonien, la plupart totalement inexplorées au sol.
La force du LIDAR tient à sa capacité à détecter environ cinq fois plus de vestiges que l’imagerie satellite classique, sans qu’il soit nécessaire d’envoyer une équipe défricher le terrain. Une prouesse technologique qui ouvre la voie à de nouvelles campagnes de cartographie sur d’autres portions du bassin amazonien encore jamais survolées.
Une découverte qui change le regard sur l’Amazonie
Au-delà de l’exploit technique, cette avancée illustre comment les technologies numériques renouvellent des disciplines aussi anciennes que l’archéologie. Elle invite aussi à reconsidérer le patrimoine et l’histoire culturelle des peuples précolombiens, longtemps sous-estimée faute d’outils adaptés. Pour les curieux tentés par un voyage vers ces régions reculées du Brésil, ces annonces confirment que l’Amazonie recèle encore d’immenses zones inexplorées, aujourd’hui protégées pour permettre aux scientifiques de poursuivre leurs relevés.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le LIDAR utilisé dans cette étude ?
Il s’agit d’un laser aéroporté qui mesure le temps de retour de la lumière réfléchie par le sol pour reconstituer un relief précis, même sous une épaisse canopée forestière.
Qui était la civilisation Aquiry ?
C’est le nom donné par les chercheurs à la société précolombienne qui a construit ces centaines d’enceintes géométriques dans l’actuel État d’Acre, entre 600 avant J.-C. et 850 après J.-C.
Pourquoi cette découverte est-elle importante ?
Elle prouve que l’Amazonie a pu accueillir une population dense et organisée bien avant la colonisation, ce qui oblige à revoir les estimations démographiques et l’histoire du peuplement du continent sud-américain.
Sources
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