L’Espagne vient d’inscrire un nouveau record dans son histoire touristique. Selon les chiffres officiels publiés début septembre par l’Institut national de la statistique espagnol (INE), le pays a accueilli 58,1 millions de touristes internationaux entre janvier et juillet, soit 4,6 % de plus qu’à la même période en 2025. Une performance qui concerne directement des millions de vacanciers français, deuxième marché émetteur derrière le Royaume-Uni.
Au-delà du nombre de visiteurs, c’est la progression des dépenses touristiques qui frappe : +7,8 % sur un an, pour un montant dépassant 82 milliards d’euros sur les sept premiers mois de l’année. Rien qu’au mois de juillet, l’Espagne a reçu 11,5 millions de touristes internationaux, pour plus de 18 milliards d’euros dépensés sur place, en hausse de près de 11 % par rapport à juillet 2025.
Sur les sept premiers mois de l’année, environ 7,2 millions de touristes français ont traversé les Pyrénées, juste derrière les 11,5 millions de visiteurs britanniques et devant les 6,9 millions d’Allemands. Un flux qui pèse aussi sur le calendrier des vacances en France : pendant que les Aubois et les Français partent nombreux vers l’Espagne, certaines destinations françaises misent justement sur les périodes moins chargées pour se démarquer, à l’image des nouvelles habitudes autour du mois de septembre, désormais perçu comme une alternative crédible aux mois les plus fréquentés.
Cette hétérogénéité illustre une tendance de fond : les touristes recherchent de plus en plus des expériences différenciées, entre grandes métropoles culturelles, littoral balnéaire et arrière-pays plus confidentiel. Une logique que l’on retrouve aussi à petite échelle en France, où des villes moyennes misent sur leur patrimoine pour capter une partie de ces flux, comme le montre l’engouement autour des journées du patrimoine dans l’Aube.
Ce record espagnol n’est pas qu’une statistique lointaine : il rappelle que la concurrence entre destinations européennes reste vive, et que chaque territoire doit trouver son créneau pour exister face à des mastodontes comme l’Espagne. À son échelle, Troyes a également tiré son épingle du jeu cet été en misant sur son centre médiéval et son identité patrimoniale plutôt que sur le volume, une stratégie qui séduit un public en quête d’authenticité plus que de records d’affluence.
Le pays combine un climat favorable une grande partie de l’année, une offre balnéaire très développée, des grandes villes culturelles comme Barcelone ou Madrid, et des prix qui restent compétitifs par rapport à d’autres destinations méditerranéennes.
La France conserve historiquement la première place mondiale en nombre d’arrivées de touristes internationaux, mais l’écart avec l’Espagne se resserre années après années, notamment sur les dépenses touristiques.
Une forte demande sur les destinations espagnoles tend à maintenir des prix élevés en haute saison, ce qui pousse une partie des voyageurs français à décaler leurs séjours vers des périodes ou des destinations moins tendues.
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