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Santé des forêts françaises : ce que révèlent l’IGN et l’ONF

La forêt française continue de gagner du terrain en surface, mais son état de santé se dégrade d’année en année. C’est le constat dressé par les derniers résultats de l’Inventaire forestier national de l’IGN, confirmés par l’Office national des forêts (ONF) : sécheresses répétées, attaques de parasites et incendies affaiblissent durablement les peuplements, au point de menacer le rôle de puits de carbone que jouent nos massifs. Un sujet qui concerne directement les territoires boisés comme l’Aube, entre forêt d’Orient et forêt d’Othe.

Une dégradation continue malgré l’extension des surfaces

Selon l’IGN, la surface forestière hexagonale progresse toujours, mais la part des arbres présentant une dégradation ou un dépérissement visible atteint désormais 8 %, une proportion en hausse constante depuis plusieurs années. En cause : des sécheresses de plus en plus fréquentes, la prolifération de bioagresseurs comme les scolytes, et la multiplication des épisodes d’incendie, y compris dans des régions historiquement peu concernées.

L’Office national des forêts va plus loin : sur la dernière décennie, le taux de mortalité des arbres a bondi de 80 %, et plus de 300 000 hectares de forêts publiques ont connu une mortalité exceptionnelle depuis 2018. Aucune région du territoire hexagonal n’est aujourd’hui épargnée par ce phénomène.

Le puits de carbone forestier en question

Au-delà de la seule santé des arbres, c’est la capacité de la forêt à absorber le CO2 qui est en jeu. Les forêts vivantes stockent environ 1,3 milliard de tonnes de carbone, un stock qui continue de croître, mais à un rythme ralenti : la séquestration annuelle de CO2 est passée d’environ 63 millions de tonnes entre 2005 et 2013 à près de 39 millions de tonnes ces dernières années, selon les données citées par l’ONF, soit une capacité quasiment divisée par deux en dix ans.

  • Dans plusieurs régions, la mortalité et les coupes dépassent désormais la croissance biologique des peuplements.
  • Ce déséquilibre réduit la capacité de ces zones à jouer pleinement leur rôle de puits de carbone.
  • Des chercheurs évoquent même un risque, si la tendance se poursuit, que certaines forêts émettent davantage de CO2 qu’elles n’en captent.

Pourquoi cela concerne aussi les massifs de l’Aube

Le département de l’Aube abrite des ensembles forestiers importants, à commencer par la forêt d’Orient autour du lac du Der et la forêt d’Othe. Ces massifs, comme l’ensemble des forêts françaises, sont exposés aux mêmes facteurs de fragilisation identifiés au niveau national : sécheresses estivales à répétition, stress hydrique des sols et pression accrue des insectes ravageurs. Les gestionnaires forestiers, qu’il s’agisse de l’ONF sur le domaine public ou des propriétaires privés, sont amenés à adapter leurs pratiques : diversification des essences, éclaircies plus précoces, suivi renforcé de l’état sanitaire des peuplements.

Pour le grand public, ces enjeux se traduisent aussi par des gestes simples : éviter tout risque de départ de feu lors des sorties en forêt, respecter les restrictions d’accès en période de sécheresse, et privilégier le bois local et géré durablement. Retrouvez d’autres pistes concrètes dans notre rubrique astuces et conseils, ainsi que les prochaines actualités liées à l’écologie et au climat dans l’Aube.

Questions fréquentes

Pourquoi la santé des forêts françaises se dégrade-t-elle ?

Les sécheresses répétées, la multiplication des attaques de parasites comme les scolytes et l’augmentation des incendies fragilisent les peuplements sur l’ensemble du territoire hexagonal, selon les données de l’Inventaire forestier national de l’IGN et de l’ONF.

Les forêts françaises absorbent-elles toujours autant de CO2 ?

Non : la capacité annuelle de séquestration de carbone des forêts hexagonales a fortement diminué en une dizaine d’années, la mortalité des arbres et les coupes dépassant désormais la croissance biologique dans plusieurs régions.

Les forêts de l’Aube sont-elles concernées ?

Les massifs de l’Aube, comme la forêt d’Orient et la forêt d’Othe, sont soumis aux mêmes facteurs de fragilisation que le reste du territoire national, ce qui pousse les gestionnaires forestiers à adapter leurs pratiques face au changement climatique.

Sources

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Published by
Nadia Laurent

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