IA au travail : le nouveau plan de l’État pour former salariés et entreprises

Le gouvernement vient de dégainer un nouvel outil pour rattraper le retard français en matière d’intelligence artificielle au travail : le plan « Impulsion IA 2027 », présenté le 23 septembre par le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou. Doté de plus de 80 millions d’euros, il doit aider salariés, demandeurs d'emploi et petites entreprises à s’approprier ces technologies avant qu’elles ne bouleversent trop brutalement les métiers. Pour les PME de l’Aube, souvent moins équipées que les grands groupes parisiens, la question de la formation à l’IA au travail devient soudain très concrète.

Un retard français chiffré et assumé

Le constat qui a motivé ce plan est sans appel : en 2025, seules 18 % des entreprises françaises de plus de dix salariés utilisaient au moins une technologie d’intelligence artificielle, contre 40 % dans les pays européens les plus avancés. Un écart que le ministère du Travail veut combler avec ce dispositif, pensé comme un prolongement des efforts déjà engagés sur la souveraineté numérique française, dans la lignée des investissements massifs consentis récemment par Mistral AI, qui a levé trois milliards d’euros pour développer une IA généraliste made in France.

Douze mesures autour de quatre axes

« Impulsion IA 2027 » se décline en douze mesures concrètes, réparties sur quatre axes de travail :

  • Former les actifs aux usages courants de l’IA générative, y compris les demandeurs d'emploi ;
  • Anticiper les transformations de métiers menacés ou modifiés par l’automatisation ;
  • Accompagner les entreprises, en particulier les PME, dans leurs premiers projets d’IA ;
  • Renforcer le dialogue social autour de ces technologies, pour que leur déploiement ne se fasse pas au détriment des conditions de travail.

L’ambition affichée est de toucher plus de 30 millions de personnes, un chiffre volontariste qui inclut aussi bien les salariés en poste que les jeunes en alternance, secteur déjà fragilisé par le recul des contrats signés ces derniers mois.

Quel financement pour se former ?

Reste la question, très concrète pour un salarié ou un artisan aubois, du financement de cette montée en compétences. Le plan doit s’articuler avec les dispositifs existants, notamment le compte personnel de formation, dont le reste à charge a été relevé à 150 euros plus tôt cette année. Des voix se sont déjà élevées, du côté de la presse spécialisée, pour interroger la méthode retenue par le ministère : 80 millions d’euros suffiront-ils à convaincre des dizaines de milliers de TPE-PME souvent réticentes, faute de temps ou de compétences internes, à franchir le pas de l’IA ?

Ce que cela change concrètement dans l’Aube

Sur le terrain, ce plan devrait surtout se traduire par une offre d’emploi et de formation renforcée via les opérateurs de compétences (OPCO) et France Travail, avec des modules pensés pour des entreprises n’ayant jamais expérimenté ces outils. Pour les indépendants et petites structures du bassin troyen, souvent absentes des grandes conférences tech parisiennes, l’enjeu est aussi de savoir où et comment accéder concrètement à ces dispositifs dans les prochains mois, une fois les mesures déclinées au niveau régional.

Questions fréquentes

Qui peut bénéficier du plan Impulsion IA 2027 ?

Le plan cible les salariés en poste, les demandeurs d'emploi, les apprentis et les entreprises, en particulier les petites et moyennes structures qui n’ont pas encore engagé de démarche autour de l’intelligence artificielle.

Le plan prévoit-il des aides financières directes pour les entreprises ?

Les 80 millions d’euros annoncés financent surtout des dispositifs de formation, d’accompagnement et de diagnostic, en s’appuyant notamment sur les OPCO et France Travail, plutôt que des subventions directes versées aux entreprises.

Pourquoi la France accuse-t-elle un retard sur l’adoption de l’IA ?

Selon les chiffres cités par le ministère du Travail, seules 18 % des entreprises françaises de plus de dix salariés utilisaient une technologie d’IA en 2025, contre 40 % dans les pays européens les plus avancés, un écart lié en partie au manque de formation et d’accompagnement des équipes.

Sources

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Élise Barbier

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