Facture d’électricité dans l’Aube : un poids lourd pour les foyers, une baisse plus lente qu’ailleurs

Combien coûte vraiment l’électricité à un foyer aubois, et comment se situe le département face à ses voisins ? Une étude publiée le 25 octobre par le site Comparons l’énergie apporte une réponse chiffrée, département par département et commune par commune. Pour la facture d’électricité dans l’Aube, le constat est net : une consommation au-dessus de la moyenne nationale, une facture type de 1 118 € par an, un poids parmi les plus lourds de France rapporté au niveau de vie, et une baisse depuis 2019 plus lente qu’ailleurs.

Trois sources publiques enfin croisées

L’intérêt du travail tient à sa méthode. Les données existaient, mais chacune de son côté. Enedis publie chaque année la consommation de ses 34 229 966 compteurs résidentiels, à la maille du département et de la commune. L’INSEE publie le niveau de vie médian de chaque territoire (Filosofi 2023). La Commission de régulation de l’énergie publie la grille du Tarif Bleu, ici l’option Base 6 kVA en vigueur depuis le 1er août 2026 : 190,81 € d’abonnement annuel et 0,2001 € le kWh TTC.

En rapprochant ces trois jeux, l’étude de Comparons l’énergie sur le coût de l’électricité par département calcule pour chacun des 94 départements desservis par Enedis une facture de référence, au même tarif pour tous, puis la rapporte au revenu local. Le même calcul descend jusqu’à 32 069 communes, dont 25 217 classées parce qu’elles comptent au moins 100 compteurs.

L’Aube, 27e facture de France

Enedis recense 159 050 compteurs résidentiels dans l’Aube, pour 311 076 habitants. En 2025, ces foyers ont consommé en moyenne 4 632 kWh, contre 4 126 kWh à l’échelle nationale, soit environ 12 % de plus. Au Tarif Bleu actuel, cela donne une facture type de 1 118 € par an, 102 € au-dessus de la facture type française (1 016 €). Le département se classe 27e sur 94, le premier rang revenant au Tarn-et-Garonne (1 262 €) et le dernier à Paris (711 €).

Rapportée au niveau de vie médian du département, 24 130 € par an et par unité de consommation selon l’INSEE, cette facture représente 4,6 %. C’est le 14e poids le plus lourd de France, pour une médiane des départements à 4,2 %. Autrement dit, l’électricité ne coûte pas seulement plus cher qu’ailleurs en volume : elle pèse plus lourd parce que les revenus y sont plus modestes que dans la majorité du pays (78e niveau de vie sur 94).

Une précision s’impose. Cet indicateur compare des territoires entre eux : il met en regard une facture par foyer et un revenu par unité de consommation. Il ne mesure pas la part exacte du budget qu’un ménage aubois consacre à son électricité, qui dépend de la taille du foyer, de son contrat et de son logement.

Une baisse plus lente que dans le reste du pays

Entre 2019 et 2025, deux années à l’hiver proche de la normale, la consommation moyenne d’un foyer aubois est passée de 4 996 kWh à 4 632 kWh. Le recul atteint 7,3 % (7,7 % une fois corrigé du climat), contre 9,5 % pour la France entière. L’Aube n’arrive qu’au 76e rang des baisses. À la grille d’aujourd’hui, consommer comme en 2019 coûterait 1 191 € par an : les foyers du département ont donc effacé 73 € de facture annuelle, quand la moyenne nationale atteint 87 €. Cette économie s’est faite alors même que les tarifs montaient, un mouvement détaillé dans notre article sur la hausse des tarifs réglementés de l’électricité.

Pourquoi ce retard ? Les données invitent à la prudence. À l’échelle du pays, l’étude relève que la baisse est d’autant plus forte que le chauffage électrique est répandu (corrélation de −0,65) : c’est lui qui recule, sous l’effet de la sobriété, de l’isolation et du remplacement des convecteurs par des pompes à chaleur. Dans l’Aube, 24,1 % des résidences principales sont chauffées à l’électricité, contre 31 % en Seine-et-Marne, où la consommation a reculé de 11,2 %. Le parc de logements pèse aussi : 23,5 % des résidences principales datent d’avant 1946 et seulement 15 % d’après 2006. Le chauffage reste pourtant bien présent dans la consommation : la part qui dépend de la température est passée de 27 % à 22,6 %, ce qui place l’Aube au 20e rang des départements les plus sensibles au froid. Les rénovations encouragées par MaPrimeRénov’ pour les propriétaires aubois pourraient, à terme, faire bouger ce chiffre.

L’Aube n’est d’ailleurs pas isolée : le Grand Est est la région où la baisse a été la plus faible (−6,5 % en moyenne par département), devant la Bourgogne-Franche-Comté (−6,8 %).

Face aux départements voisins

Le tableau situe l’Aube parmi ses voisins.

Département kWh par foyer Facture type Poids dans le niveau de vie Évolution depuis 2019
Aube 4 632 1 118 € 4,6 % −7,3 %
Marne 4 300 1 051 € 4,1 % −9,3 %
Haute-Marne 4 164 1 024 € 4,3 % −6,9 %
Yonne 4 720 1 135 € 4,6 % −6,7 %
Seine-et-Marne 4 701 1 131 € 4,1 % −11,2 %
Côte-d’Or 3 895 970 € 3,7 % −7,2 %

L’Aube forme avec l’Yonne un duo de départements où l’électricité pèse lourd : factures proches, revenus modestes, baisse lente. La Seine-et-Marne consomme autant, mais des revenus plus élevés allègent le poids de la facture, et sa consommation a reculé bien plus vite. La Marne, plus urbaine avec 44 % de logements collectifs contre 33,5 % dans l’Aube, reste sous les 1 100 €.

Troyes et son agglomération, parmi les plus sobres

Le contraste est fort à l’intérieur du département. Avec 2 884 kWh par foyer, Troyes figure parmi les communes les plus sobres de France (24 589e sur 25 217) : elle est la deuxième commune la moins consommatrice des 239 communes auboises classées, juste derrière La Chapelle-Saint-Luc (2 824 kWh). Sainte-Savine (3 447 kWh), Saint-André-les-Vergers (3 557 kWh) et Romilly-sur-Seine (3 857 kWh) restent elles aussi nettement sous la moyenne départementale. L’habitat en appartement, plus fréquent en ville, explique largement l’écart.

Mais ces communes urbaines ont peu baissé : −6,4 % à Troyes, −5,1 % à Sainte-Savine, −4,9 % à Saint-André-les-Vergers, −4,4 % à Romilly-sur-Seine et −4,0 % à La Chapelle-Saint-Luc. Là où l’électricité sert surtout à l’éclairage et aux appareils, il reste moins à gagner. À l’inverse, des communes périurbaines comme Bréviandes (−12,8 %) ou Rosières-près-Troyes (−11 %) ont nettement réduit. En haut du classement départemental, de petites communes rurales dépassent les 7 800 kWh par foyer, comme Fontaine-Mâcon (8 434 kWh) ou Macey (7 826 kWh).

Comment un habitant de l’Aube peut s’en servir

L’étude se consulte comme un outil. Le module « Et dans votre commune ? » permet de retrouver sa propre commune et de comparer sa consommation à celle de ses voisins. Pour aller plus loin, la fiche consacrée à l’Aube détaille ses communes les plus gourmandes et les plus sobres, et les fichiers CSV, téléchargeables, permettent de refaire les calculs.

  • Comparer sa facture réelle à la moyenne de sa commune : un écart important signale souvent un chauffage ancien, un chauffe-eau mal réglé ou une puissance souscrite trop élevée.
  • Vérifier l’état de son logement avant d’acheter ou de louer : le diagnostic de performance énergétique donne une indication sur les dépenses à prévoir.
  • Intégrer l’énergie dans un projet immobilier, alors que le logement neuf recule dans l’Aube et que l’ancien domine les transactions.

Ce que l’étude ne dit pas

Ses auteurs l’assument : un « foyer » est un compteur résidentiel actif, résidences secondaires et logements vacants compris. Dans l’Aube, environ 14 % des compteurs ne correspondent pas à une résidence principale, ce qui tire la moyenne vers le bas. La facture type ignore les offres de marché, les heures creuses, Tempo et les puissances supérieures à 6 kVA : c’est une référence de comparaison, pas la facture d’un ménage donné. L’étude sera actualisée chaque année avec le millésime suivant d’Enedis.

Questions fréquentes

Quelle est la facture type d’électricité dans l’Aube ?

Elle s’élève à 1 118 € par an pour une consommation moyenne de 4 632 kWh en 2025, calculée au Tarif Bleu Base 6 kVA du 1er août 2026. C’est 102 € de plus que la facture type nationale.

L’électricité pèse-t-elle plus dans l’Aube qu’ailleurs ?

Oui : rapportée au niveau de vie médian, la facture type représente 4,6 %, le 14e poids sur 94 départements. Il s’agit d’un indicateur de comparaison entre territoires, pas de la part du budget d’un ménage.

Troyes consomme-t-elle beaucoup d’électricité ?

Non. Avec 2 884 kWh par foyer en 2025, Troyes est l’une des communes les plus sobres de France, ce qui tient largement à la part d’appartements. Sa consommation n’a toutefois reculé que de 6,4 % depuis 2019.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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