Drones : la France mise sur l’open source face à sa dépendance technologique

Longtemps considérés comme un simple gadget grand public, les drones sont devenus un enjeu industriel stratégique. Face à une industrie mondiale dominée par des fournisseurs asiatiques et américains, la France pousse depuis plusieurs années une approche fondée sur les logiciels open source pour reprendre la main sur des technologies jugées critiques, aussi bien pour les usages civils que professionnels.

Pourquoi la France cherche à réduire sa dépendance

Microprocesseurs, moteurs brushless, liaisons de données : une grande partie des composants qui équipent les drones actuels proviennent d’industriels asiatiques et américains. Cette concentration inquiète les acteurs publics comme privés, qui redoutent des ruptures d’approvisionnement ou une perte de maîtrise sur des technologies désormais utilisées dans des secteurs sensibles (surveillance d’infrastructures, agriculture de précision, sécurité civile). D’où une volonté affichée de construire une filière plus autonome, capable de concevoir aussi bien le matériel que les briques logicielles qui pilotent ces appareils.

Dronecode, le socle logiciel devenu une référence mondiale

Sur le plan logiciel, l’écosystème s’est largement structuré autour du projet Dronecode, porté par la Fondation Linux. Il rassemble deux plateformes open source complémentaires :

  • ArduPilot, lancé dès 2007 par une communauté de passionnés, qui permet de programmer le pilotage autonome de véhicules sans pilote ;
  • PX4, une plateforme open source et open hardware dédiée au pilotage automatique, largement utilisée par les fabricants et les laboratoires de recherche.

Cette approche collaborative permet à n’importe quel industriel, y compris une PME française, de s’appuyer sur une base de code éprouvée plutôt que de dépendre d’un éditeur unique et de sa politique commerciale ou géopolitique.

Les acteurs français qui structurent la filière

En France, plusieurs sociétés misent sur cette logique de relocalisation. De jeunes entreprises développent désormais des cartes de vol et des contrôleurs moteurs conçus sur le territoire national, une réponse directe à la dépendance envers les fabricants asiatiques et américains sur ces composants jugés critiques. Ce mouvement s’appuie également sur les grands groupes historiques du secteur aéronautique et de défense — Safran, Thales, Airbus Defence and Space ou Dassault Aviation — ainsi que sur des PME spécialisées comme Delair ou Novadem, positionnées sur les drones tactiques légers et de reconnaissance. Ensemble, ces acteurs forment un tissu industriel qui cherche à combiner innovation ouverte et souveraineté technologique.

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large de réindustrialisation observé dans d’autres secteurs technologiques, où les entreprises françaises cherchent à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement (voir nos analyses Business – Entreprise) et à investir dans des compétences numériques de pointe (voir notre rubrique High Tech – Numérique). Ces choix industriels s’accompagnent aussi d’un cadre réglementaire en construction, suivi de près par les spécialistes du droit des technologies (voir notre rubrique Droit et Justice).

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un drone « open source » ?

Il s’agit d’un drone dont les logiciels de pilotage, de planification de mission ou de gestion de vol reposent sur du code source public, modifiable et auditable par tous, à l’inverse d’un logiciel propriétaire fermé développé par un seul fabricant.

Pourquoi l’open source aide-t-il à la souveraineté technologique ?

Parce qu’il évite la dépendance à un fournisseur unique : n’importe quel industriel peut reprendre, adapter et faire évoluer la base de code, sans être soumis aux conditions commerciales ou aux restrictions d’un éditeur étranger.

Quels sont les principaux acteurs français du secteur des drones ?

Le secteur s’appuie sur de grands groupes comme Safran, Thales, Airbus Defence and Space et Dassault Aviation, ainsi que sur des PME spécialisées telles que Delair ou Novadem, et de jeunes entreprises qui misent sur la relocalisation des composants critiques.

Sources

Futura-Sciences ·
Theatrum Belli ·
Portail de l’IE

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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