Un chiffre détonne dans le paysage économique français du moment : alors que la croissance patine et que les carnets de commandes restent prudents, le nombre de nouvelles entreprises créées n’a jamais été aussi élevé. Selon les données publiées le 16 octobre par l’Insee, la France a enregistré plus de 119 000 immatriculations d’entreprises au mois de septembre, un niveau inédit depuis la création de la statistique. Un paradoxe qui interroge autant qu’il rassure, et qui trouve des échos jusque dans l’économie locale aubaine.
Sur le seul mois de septembre, l’Insee recense environ 119 000 créations, en hausse d’environ 20 % sur un an. Sur l’ensemble du troisième trimestre (juillet à septembre), la progression atteint 16 % par rapport à la même période de 2025, soit près de 45 500 entreprises supplémentaires. Dans le détail, les microentreprises représentent à elles seules près des trois quarts de ce volume. Mais le mouvement ne se limite pas au statut simplifié : les entreprises individuelles « classiques » et les sociétés affichent elles aussi une dynamique haussière, signe que l’envie d’entreprendre dépasse la simple recherche d’un complément de revenu.
Ce record tombe à un moment où la conjoncture reste pourtant morose : la croissance du produit intérieur brut français est attendue autour de 0,4 % sur l’année, et la Banque de France évoque une progression quasi nulle au troisième trimestre. Comment expliquer cet engouement entrepreneurial dans un contexte aussi contraint ? Les économistes avancent plusieurs pistes : la simplicité du régime de la microentreprise, qui abaisse fortement la barrière à l’entrée, la recherche d’une activité complémentaire face à un marché du salariat plus incertain, mais aussi une forme de résilience propre au tissu économique français, où se lancer à son compte reste perçu comme une option crédible même quand les perspectives macroéconomiques se tendent.
Ce mouvement n’est pas homogène selon les secteurs. Le commerce et les activités de soutien aux entreprises tirent la hausse, tout comme l’immobilier, alors que l’industrie, les transports et l’hôtellerie-restauration affichent au contraire un recul des immatriculations. Un contraste qui illustre la recomposition en cours de l’appareil productif français, davantage tourné vers les services que vers la production.
Localement, ce dynamisme national se retrouve aussi dans des trajectoires concrètes. La région a par exemple vu émerger des réussites entrepreneuriales remarquées, comme celle d’Ellipse Bikes, pépite auboise du vélo électrique, ou encore l’essor de la Manufacture de l’Aube, qui vise 200 emplois dans la maroquinerie de luxe près de Troyes. Ces exemples montrent qu’au-delà des statistiques nationales, le terreau entrepreneurial local continue de produire des initiatives créatrices d’activité et d'emploi.
Pour les porteurs de projet auboins qui envisagent de se lancer, plusieurs obligations restent toutefois à anticiper dès la création, à commencer par la facturation électronique désormais obligatoire pour une grande partie des entreprises. Et pour celles et ceux qui hésitent encore entre le salariat et l’aventure entrepreneuriale, les dispositifs de reconversion professionnelle peuvent constituer un tremplin pour sécuriser un projet avant de se lancer. Les questions de financement et de compétences restent d’ailleurs au cœur des préoccupations des nouveaux entrepreneurs, à mi-chemin entre enjeux financiers et enjeux de formation.
Reste une question en suspens : ce rythme de créations va-t-il se maintenir ? Les acteurs économiques se montrent prudents. D’un côté, le nombre de défaillances d’entreprises reste lui aussi élevé, preuve que la période demeure difficile pour nombre de structures déjà installées. De l’autre, le flux ininterrompu de nouvelles immatriculations traduit une vitalité qui ne se dément pas, trimestre après trimestre, depuis plusieurs années. Les prochains mois, et notamment la publication des chiffres d’octobre, permettront de confirmer si ce record de septembre marque un pic ponctuel ou une tendance de fond pour l’économie française.
Selon l’Insee, plus de 119 000 entreprises ont été immatriculées en France en septembre, un niveau record depuis la création de cette statistique, en hausse d’environ 20 % par rapport à septembre de l’année précédente.
Plusieurs facteurs se combinent : la simplicité du régime de la microentreprise, la recherche d’un revenu complémentaire dans un marché du travail plus incertain, et une forme de résilience entrepreneuriale qui pousse à se lancer même lorsque la conjoncture macroéconomique est contrainte.
Le commerce, le soutien aux entreprises et l’immobilier affichent les plus fortes progressions, tandis que l’industrie, les transports et l’hôtellerie-restauration enregistrent au contraire un recul du nombre de créations.
France Info —
Europe 1 —
Insee
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