Une réforme discrète mais majeure vient de faire son entrée dans le code civil : chaque enfant suivi dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative aura désormais droit à un avocat, quel que soit son âge ou sa maturité. Une évolution qui concerne directement les familles de l’Aube, où le tribunal judiciaire de Troyes traite chaque année plusieurs centaines de situations de protection de l’enfance.
La loi n° 2026-630, publiée au Journal officiel le 14 juillet 2026, modifie l’article 375-1 du code civil. Jusqu’ici, la présence d’un avocat aux côtés du mineur restait facultative et dépendait de sa « capacité de discernement », une notion floue laissée à l’appréciation du juge des enfants. Désormais, ce critère disparaît : tout enfant concerné par une procédure d’assistance éducative devra être assisté d’un avocat, sans aucune condition d’âge ou de compréhension de la situation.
Point important pour les familles auboises : cette obligation n’entrera en vigueur que le 6 janvier 2027, le temps pour les barreaux, dont celui de Troyes, d’organiser la désignation systématique d’avocats formés à ces dossiers sensibles.
L’accompagnement par un avocat est intégralement pris en charge par l’État au titre de l’aide juridictionnelle, sans condition de ressources pour la famille. Le coût de la mesure pour les finances publiques doit être compensé par une taxe additionnelle sur les tabacs, selon les débats parlementaires ayant précédé l’adoption du texte.
Le changement est loin d’être anecdotique. Chaque année, entre 110 000 et 124 000 saisines sont adressées aux juges des enfants sur le fondement de l’article 375 du code civil, et au 31 décembre 2023, plus de 175 000 enfants bénéficiaient d’une mesure judiciaire de protection en France. Dans l’Aube, ces dossiers sont suivis conjointement par le service de l’aide sociale à l’enfance du département et par le tribunal judiciaire de Troyes, régulièrement cité parmi les juridictions confrontées à une hausse des signalements ces dernières années.
Pour les avocats du barreau troyen, cette réforme implique une montée en compétence rapide sur un contentieux jusqu’ici moins investi que le pénal ou le civil classique, mais dont l’enjeu humain est considérable.
Oui. La loi supprime toute condition de discernement : même un très jeune enfant, incapable d’exprimer clairement sa position, sera représenté par un avocat désigné par le bâtonnier.
Non. L’assistance est financée intégralement par l’État via l’aide juridictionnelle, sans condition de ressources pour la famille.
L’obligation entre en vigueur le 6 janvier 2027. D’ici là, la présence de l’avocat reste possible mais facultative, comme c’est le cas actuellement.
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